Après une nuit difficile au Formule 1, nous arrivons au studio à 10h. Freddy
arrive quelques minutes plus tard pour refaire « Pataquès » à la batterie.
Seul morceau de la semaine qui nous laissait un goût amer en terme d’énergie.
Nous tournons plusieurs fois le morceau en nous disant que nous avons pris
la bonne décision car les vibrations sont bonnes ce matin. Nous gardons au
bout d’une petite heure, une version parfaite batterie-guitare-voix.
J’enchaîne sur la reprise de quelques passages un peu choquant pour la voix.
Une option est posée sur la voix pour le passage final, un peu trop rock pour
moi. Nous gardons les deux options, une voix posée et une voix rock.
C’est l’heure de la pose déjeuner. Ce midi tournée de sandwich dans la salle
de Catering du haut où la femme de Rudy et, sûrement sa mère avec elle, ont
entrepris de nettoyer, repasser et remettre les housses qui agrémentent le
coin salon de la salle catering. J’ai comme l’impression que nous avons la
même démarche : dépoussiérer ce que nous avons acquis depuis quelques années
et le remettre dans son contexte actuel. Les arrangements musicaux sont comme
des housses de fauteuil sur lesquels nous choisissons la couleur et l’ornementation.
Durant cette première semaine, nous avons juste posé les mousses, l’ossature
des morceaux et, au fur et à mesure que nous avançons, les housses viennent
remplir les différentes mousses disposées à notre convenance sur les bandes
de canapé. La première a traversé le studio est Sonia Rekis
qui joue de
la
basse sur un morceau et de l’accordéon sur « Sept Familles » et « Tango Dupied
». Sa housse est à boutons et vient colorer la mélancolie de « Sept Familles
», hommage aux Belles Lurettes, grandes dames de la chanson accordéon-voix
auxquelles j'ai emprunté le dénominateur « Lulu » qui résume si bien les chansons.
Comme ces deux dames belges, nous rafistolons les housses par souci de perfection
sans y changer la couleur. Sonia vient de terminer sa bonne prise de « Sept
Familles », elle rentre dans la cabine, tous concentrés sur l’écoute. Sonia
est assise dans la cabine de mix sur le canapé, tête baissée, les mains posées
sur les yeux pour ne se fier qu’à ses oreilles.
Nous démarrons ensuite le « Tango Dupied » où nous décidons de faire plusieurs
prises du début à la fin sur ce morceau pour ne garder que l’extrême substance.
Auparavant, Sonia nous avait rejoint sur la fin du déjeuner pour le café,
et a posé sa basse sur « La Sauterelle Chorégraphe » dans un climat un peu
tendu. Avec le recul, nous trouvons le temps un peu rapide du morceau, ce
qui fausse un peu notre écoute de la basse.
Il est 18h, il nous reste une petite heure de prises additionnelles de guitares
sur « Sept Familles » et « Pataquès ». Sonia est rentrée chez elle.