Après un week-end sur mesure pour chacun, nous retrouvons le studio à l’heure habituelle du matin. Les têtes ressemblent à un lundi matin dans la brume de Bruxelles. Dehors, il fait -2 C°. Le facteur de piano vient d’arriver au studio pour accorder le Stenway & Sons qui nous accompagnera toute la semaine sur les morceaux piano.
Freddy vient d’arriver pour sa dernière journée de studio avec les deux prises batterie / piano sur « Les Jardins Suspendus » et « Des Sourires et des Hommes ». A l’heure qu’il est, il ne sait pas encore la rude journée qu’il va passer.
Nous entamons « Les Jardins Suspendus ». Il est 12h. Quelques prises complètes en guise d’échauffement. Le morceau prend forme petit à petit. Celui-ci est un des plus délicats de l’album car les nuances sont très fortes et le rythme lent.
Après quelques trois heures de prises, nous écoutons et réécoutons les bandes. Pour l’instant, nous avons du mal à nous satisfaire de celle-ci. Rudy arrive au studio et écoute ce que l’on a enregistré. Une chose évidente lui apparaît avec ses oreilles neuves qui viennent d’arriver, la batterie n’est pas assez sale et ronde pour seulement soutenir toute la rythmique du morceau.
Nous décidons de changer des éléments de batterie pour opter pour une vieille batterie « Premier » qui sonne vieille caisse pourrie avec plein d’harmoniques mais chaude et rassurante.
Nous trouvons la bonne distance après un réglage et une pose d’une dizaine de micros sur cette vieille batterie.
Il est 18h30, les Jardins sont en boîte. Il nous reste « Des Sourires et des Hommes » avec des hommes ce soir-là qui n’ont pas le sourire devant la fatigue.
Fin de prises à 22h et fou rires nerveux viennent clore cette journée dont Freddy se souviendra longtemps.
En sortant, il nous disait qu’il n’avait jamais passé autant de temps sur un morceau.